Interview

L’apprentissage du haut niveau

05/11/2009

Pensionnaire du circuit européen, fils d'un ancien champion du sport automobile, Anthony Snobeck (26 ans) figure parmi les valeurs montantes du golf de Rhône-Alpes. Parrainé par le golf du Gouverneur, ce gros frappeur a découvert cette année l'exigence du très haut niveau. Confidences.

Anthony Snobeck

Dans quelles conditions avez-vous découvert le golf ?

«J'ai commencé par faire beaucoup de tennis, avant de découvrir le golf à l'âge de 13 ans. Au départ, c'était juste pour m'amuser. Mais je me suis pris au jeu et j'ai progressé assez vite puisque j'étais scratch (index 0) à l'âge de 18 ans, en étant auparavant demi-finaliste du Championnat de France cadets. Je viens de boucler ma cinquième année en tant que professionnel. J'ai d'abord passé un an sur l'Alps Tour, puis trois ans sur le Challenge Tour, avant de découvrir cette année le grand tour ».

 

Comment s'est passé cet apprentissage du très haut niveau ?

« Difficile... Par manque de confiance, j'ai raté plusieurs cuts d'un ou deux points. J'ai donc décidé en fin de saison de revenir un peu sur le Challenge Tour pour rester dans le rythme (1). Il faut avoir parfois l'humilité de redescendre d'un étage pour mieux rebondir... ».

 

Y a-t-il une grande différence entre le Challenge Tour et le Tour européen ?

«  Oui, le niveau moyen est beaucoup plus élevé. Les parcours sont aussi plus exigeants. Ils nécessitent à la fois une grande précision au driving et un petit jeu sans faille. C'est dans ce domaine que je dois le plus progresser pour rivaliser avec les meilleurs ».

 

Vous êtes un des gros frappeurs du circuit. Quelle est votre moyenne de drive ?

« Environ 310 yards, soit 280 mètres. Cela me place régulièrement parmi les vingt plus gros frappeurs sur les tournois ».

 

Comment s'articule la vie d'un professionnel sur le circuit ?

«  Les semaines de tournoi, j'arrive le mardi après-midi, je fais neuf trous de reconnaissance et lorsque c'est possible, je participe au pro-am d'ouverture avant d'enchaîner sur la compétition, à partir du jeudi. Lorsque je ne suis pas en tournoi, je fais quotidiennement deux heures d'entraînement physique, de la musculation, du vélo... en plus de l'entraînement purement golfique au practice et sur les parcours. Même durant les tournois, je m'astreins à une heure de physique avant ou après la compétition. La saison est longue puisque l'on dispute entre 25 et 30 tournois par an, avec beaucoup de déplacements aux quatre coins de l'Europe, voire au-delà. Ce rythme élevé exige une condition physique irréprochable ».

 

Anthony Snobeck

Existe-t-il une saine et véritable émulation entre joueurs français sur le circuit ?

« Oui, absolument. Cette année, nous étions dix sur le Tour. C'était ma première année à ce niveau. Les autres Français, notamment Raphaël Jacquelin et Thomas Levet, m'ont beaucoup aidé pour faciliter mon intégration. Même si le golf est un sport individuel, il règne un esprit d'équipe au sein du clan français. On retrouve un peu cette émulation chez les Espagnols, beaucoup moins dans les autres pays ».

 

Quelle est votre ambition ?

« Retrouver très vite le Tour européen et accéder, un jour, au circuit américain. Je pense que les parcours aux Etats-Unis conviendraient mieux à mon style de jeu. Ils sont plus longs, avec des greens très fermes, ce qui devrait privilégier un gros frappeur comme moi ». 

 

Quelles sont vos références en matière de champions de golf ?

« Forcément Tiger Woods. Un vrai pro. Au lendemain du British Open, je l'ai vu sortir de la salle de sports à 7 heures du matin alors qu'il venait de gagner le tournoi. Chez lui, rien n'est laissé au hasard. Tout est calculé. Il faut s'en inspirer ».

 

Quels sont vos parcours préférés en Rhône-Alpes ?

«  Je viens de jouer à Villette-d'Anthon. Cela reste une référence à mes yeux. Le parcours des Sangliers mériterait d'accueillir à nouveau l'Open de France. J'aime bien aussi les golfs du Gouverrneur, de la Bresse et de Salvagny ».

 

Quelles sont vos activités en dehors du golf ?

« Je continue de pratiquer le tennis avec mon préparateur physique ou avec ma fiancée, Mélanie Cohen, une ancienne joueuse de tennis professionnelle. Cela me permet de me défouler et de m'amuser tout en travaillant mes appuis. Contrairement à certaines idées reçues, le golf et le tennis ne sont pas incompatibles ».

 

(1) Pour sa première saison sur le circuit européen, Anthony Snobeck a disputé 18 tournois parmi l'élite mais il n'est parvenu à passer le cut qu'à quatre reprises. Sa meilleure performance reste une 23e place au Joburg Open, en début d'année, en Afrique du Sud.

Pratique

Anthony Snobeck

anthony-snobeck.com

Recherche

vos favoris